Un Seul Arbre

Je suis tombé sur ce proverbe français l’autre jour :

L’arbre cache la forêt.

Ça a retenu mon attention à cause de tout ce qui se passe par chez-nous. Ça ne va pas bien. Je parle de la manifestation contre la hausse des frais de scolarité qui perdure depuis maintenant 12 semaines. L’arbre, c’est le casseur. La forêt, ce sont tous les manifestants.

J’ai une très grosse opinion sur le sujet mais je me contente de re-partagez les articles mieux écrits par les autres sur mon compte facebook. De un car je trouve futile de répéter ce qui est déjà dit. De deux parce que je n’ai pas de preuves pour appuyer certains points plus radicaux de ma pensée. J’essaie depuis peu de faire attention à mes publications même si souvent la passion l’emporte. On sous-estime beaucoup trop le pouvoir des médias sociaux. Je n’ai jamais été une grosse fan de potinage, de création de rumeur et de réputation contrairement à Charest qui en fait sa stratégie première pour éviter que l’on parle du plan nord.

Ce n’est pas tout ce qui se passe au Québec même si c’est déjà beaucoup. Il y a Harper que je me plais à surnommer "Hater-Harper". Ce qui se passe au Canada me fait penser à la fameuse question :

Si un arbre tombe là où il n’y a personne pour l’entendre, fait-il quand même du bruit ?

Hater-Harper change beaucoup de choses au niveau légal pour mettre en place son projet d’oléoduc et d’exploitation de nos richesses via entre autre, son pantin, Charest, avec son plan Nord. Il censure les médias, réduit au silence nos scientifiques, limite leur recherche, passe le mandat d’inspection environnementale aux plus petits pour qu’ils portent le blâme à sa place, réduit les normes de protection de la faune et de la flore à ce qui rapporte financièrement uniquement. Si notre qualité de l’air et de notre eau est affectée, on s’en fout car ça ne rapporte pas de bidou. Il se retire de Kyoto et parce que le monde de l’Ouest chiale trop fort, il prévoit passer son oléoduc par nos terres Québécoises. Il passe en douce pleins d’autres trucs aussi comme rendre l’avortement illégal, faire mourir notre culture par une série de mesures administratives qui réduit le budget de plusieurs OBNL, de Radio-Canada et de l’ONF pour ne nommer que ceux-ci. Il fait tout ça et se dépêche de le faire sous prétexte que ça va bénéficier l’économie… l’économie de son porte-feuille, ouais. Il n’est pas dupe. Il sait qu’on va le débarquer aux prochaines élections. Il prépare sa retraite en facilitant le maximum de profit de ses compagnies.

L’arbre, c’est la manif scolaire. La forêt, c’est Harper.

Je suis fatiguée. Je suis impuissante. Je veux me battre mais je ne sais pas quoi faire. La seule chose qui me vient à l’esprit pour le moment est d’essayer de capturer cette nature dont le temps est compté. Capturer ces animaux dont le temps est compté. Capturer ces humains dont le temps est compté. Pour le montrer je ne sais pas trop à qui ou à quoi mais juste pour laisser une trace à quelque part de notre existence. Juste pour dire comme le plus insignifiant des graffitis :

We have been here.

Pour ceux dont la désillusion l’a emportée, ceux qui croient que ça ne sert à rien, qu’ils ne changeront rien, je n’ai qu’une chose à dire : battez-vous quand même. Dans toute bataille, ce qui compte n’est pas si on gagne ou on perds mais bien pourquoi on se bats. Se fermer les yeux et abandonner c’est les inviter à grands bras ouverts à venir vous piler dessus. Se taire, ne pas voter, ne rien faire parce que ça ne changera rien, c’est s’avouer vaincu et en bout de ligne, approuver. Si on Dénonce, on Vote ou on fait quelque chose pour rien, tout ce qu’on risque c’est de changer le monde. Quand bien même nous n’aurons pu sauver qu’un seul arbre, on sera bien content de l’avoir lorsqu’il n’y en aura plus.

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Comments

  1. Ulrich von Bek says:

    J’avoue que l’intitulé "Les Jaseuses" m’interpelle… parce que je ne sais pas quoi en penser ! C’est sans doute une définition de l’art : ce qui nous émeut au sens premier du terme ; ce qui nous remue que l’on sache pourquoi ou non.

    Quant aux prises de position, j’estime que ce qui compte c"est qu’un avis soit argumenté. Ce qui intéresse tes interlocuteurs est moins ce que tu penses que la raison pour laquelle tu le penses. De cette façon, ils peuvent au besoin prendre en compte des éléments auxquels ils n’auraient pas forcément pensé. De ce point de vue, ton discours ci-dessus est parfaitement recevable que l’on soit d’accord ou non avec toi.

    Et ne crains pas de répéter ce qui a déjà été dit : il vaut mieux répéter une vérité qu’innover dans la bêtise. Peut-être est-ce triste, mais un discours répété souvent touche plus de monde qu’un discours exprimé une seule fois. Qui plus est, la multiplication des supports, surtout via internet, permet de franchir les frontières. De mon côté de l’Atlantique, la source d’information principale pour savoir ce qui se passe dans le monde est internet.

    Le courage est de faire ce qui est juste.

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    • Oui et du courage, ces étudiants, ils en ont, tu peux me croire !
      Comme je n’ai pas la télé et n’écoute pas la radio, ma source d’information est également l’internet. Or, cette source est biaisée : elle est contre la hausse. Bien que je sois du même avis, j’ai besoin de l’information de l’autre clan pour mieux débattre publiquement. Ce qu’il y a de particulier dans ce débat est justement la sémantique et la manipulation psychologique par la façon de rapporter les événements. On a qu’à écouter n’importe quel extrait de notre ministre de l’éducation, Mme Beauchamp pour comprendre. Elle a un répertoire de 5-6 phrases qu’elle récite fidèlement au mot près. La cassette, on la connait. Voilà, pourquoi, il est important d’être bien renseigné avant de faire rejouer la chanson, peu importe la position. La "Vérité" est devenue subjective…

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      • Ulrich von Bek says:

        Heu… Il me semble que l’on trouve facilement le point de vue opposé à celui des étudiants. Par exemple sur http://quebec.huffingtonpost.ca/claude-carignan/greve-etudiante-solution_b_1365730.html et aussi sur http://blogue.economistesquebecois.com/2012/03/05/une-hausse-des-frais-de-scolarite-profiterait-aux-etudiants-les-moins-fortunes/ sans prétendre être exhaustif avec deux liens seulement.

        Tu remarqueras que dans les deux articles des données factuelles servent de support à l’argumentaire. A chacun de vérifier si elles sont vraies ou non, morales ou pas et si la conclusion qui est tirée de l’analyse est recevable. Tu as là de quoi débattre.

        Quant à la vérité, elle a toujours été essentiellement subjective. La réalité, disait Lacan, c’est quand on se cogne dedans (pas sûr qu’il l’ait exprimé en ces termes). Mais nous ne nous cognons pas si souvent ! (Là, ce n’est plus Lacan. Et puis il bafouillait tellement qu’il ne faut pas trop l’écouter quand même.) La vérité, c’est la partie de ce que nous percevons que nous ne pouvons nier. Or en matière de négation, la mauvaise foi nous emmène loin. La vérité est très élastique…

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        • Super ! Merci ! Je n’avais pas lu ces articles-là ! L’ennui au Québec est qu’en général, on est assez pourri en général en math. On est aussi très américanisés, dans le sens qu’il faut y aller de phrases punch, right to the point et pas trop compliqué sinon, on s’en lasse. Les prêts et bourses, les impôts et etc., c’est du trop compliqué. On s’en vient de moins en moins pire mais la plupart du temps, on dit :"Dis-moi juste combien j’te dois." Le gouvernement le sait très bien et use de sa phrase clé "Il faut faire sa juste part." pour camoufler la privatisation de l’éducation et faire croire à tort que la dépense est normale. Ça m’épuise tout ça, comme tout le monde, mais on doit demeurer éveillés…

          p.s. : "La vérité, c’est la partie de ce que nous percevons que nous ne pouvons nier." J’Adore ça !! C’est de toi ?

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          • Ulrich von Bek says:

            Heu… oui, c’est de moi. Il me semble que cette définition recouvre la part de vérité qui fait consensus. Cela ne signifie pas que TOUTE la vérité se résume à cela, mais que le reste fait dissensus. Ce que tu ressens peut faire consensus (il y a du vent) mais pas ce que tu perçois (le vent est froid). Et il n’y a à débattre que de ce qui fait consensus. La part individuelle doit être non pas débattue mais négociée. Il n’y a pas à "savoir" si tu as froid, mais doit-on ouvrir un "droit au pullover" ?

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            • lol ! Tu vois, c’est ça qui est compliqué dans le débat actuel car on dirait qu’il n’y a pas de part de vérité qui fait concensus. En bout de ligne, les clans ne parlent plus de la même chose et les débats s’enveniment.

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  2. www.macuisineetvous.com says:

    J’aime plus particulièrement Quebec
    Benoit

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pow !

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