Le Faux Sujet

J’ai déjà mentionné que durant ma première année d’apprentissage, je n’ai pratiquement que shooté des objets ? C’est faux ! Je vous ai menti, shame on me ! En réalité, pendant toute cette année d’isolement, la seule et unique chose que j’ai photographié fut… la lumière.

Je ne le réalisais pas vraiment mais ce fut ma première leçon. Quand je pense à où je suis rendue aujourd’hui dans mon évolution, je me rends compte que je l’ai oubliée. Je développerai sur ce sujet un peu plus tard. Là, j’ai le nez un peu trop dedans, je n’y vois pas assez clair pour pouvoir le verbaliser.

Lorsque j’ai eu assez de courage pour sortir ma caméra de chez moi, j’ai été tellement emballée par toute la panoplie de styles que je n’avais alors encore jamais exploré (le portrait, le paysage, le street, etc.) qu’il devenait rare d’entendre mon gros kodak faire clic chez moi. À part un certain après-midi où j’allais faire du ménage, la lumière de la fenêtre s’est mise à faire scintiller le gratte-dos de The Chipper dans le salon…

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"La Fourchette" ©2011 MAO – Sophie Ouch

C’était une lumière assez dirigée mais à la fois diffuse. C’était étrange, c’était magique. J’attendais quasiment que le gratte-dos ne se mette à léviter ou à parler, je ne sais trop. Évidemment, c’était peu probable mais au cas où ça arriverait, j’étais déjà prête à le capturer avec mon gros kodak dans les mains. L’attente fut longue… Tant qu’à admirer cette splendide lumière, je décida de m’occuper en l’étudiant.

Je voulais démystifier l’angle à prendre pour avoir du flare. La méthode scientifique à tâtons à été choisie comme d’habitude en cliquant à chaque mini déplacement vers la gauche en faisant le tour complet puis en refaisant la même chose à une hauteur différente. L’objet demeurait intouché tout le long de l’expérience.

Quand on se place au bon endroit par rapport à la lumière, un voile brumeux apparaît quelques fois accompagné de disques circulaires.

J’y ai découvert que l’angle est assez mince et le moindre centimètre de déplacement influe sur ce flare. Même qu’à un point extrêmement précis, les faisceaux peuvent devenir multicolores. Ça m’est arrivé 2 fois jusqu’à date : à NY et sur la photo qui suit. Malheureusement, ces 2 photos étaient destinées à être en noir et blanc.

"Light Study" ©2011 MAO - Sophie Ouch

"Light Study" ©2011 MAO – Sophie Ouch

"Light Study 2" ©2011 MAO - Sophie Ouch

"Light Study 2" ©2011 MAO – Sophie Ouch

LA chose la plus facile à obtenir furent les étoiles. Elles apparaissent sur les sources de lumières mais également où elle rebondit comme sur un trente sous, genre sur du métal ou de l’eau et pratiquement de n’importe quel angle.

Après un certain moment, l’événement surnaturel tant attendu s’est finalement produit. Je ne sais comment, ni de où c’est arrivé mais un minuscule fil rouge s’est glissé entre les dents du gratte-dos en prenant la silhouette d’un chat. Il semblait pousser l’objet ? Il veut le déplacer ? Il veut que… j’arrête ! Riiiight, j’avais du ménage à faire, moi !!! Ma procrastination avait assez duré ! ha !

"Le Chat qui courrait après les étoiles" ©2011 MAO - Sophie Ouch

"Le Chat qui courrait après les étoiles" ©2011 MAO – Sophie Ouch

Donc, en bout de ligne, la leçon que j’ai apprise ce jour-là fut plutôt technique. L’enfant artiste en moi a fait manquer de discipline à  mon côté scientifique : je n’ai absolument rien noté… oops ! Impatiente de voir les centaines de prises sur un écran, je me suis laissé envahir par la routine du tri, l’analyse de l’image, la sélection finale, l’édition et la publication. Le robot en moi oublia de tirer une conclusion, une hypothèse. J’ai oublié le but de l’expérience qui était d’apprendre où me placer par rapport au sujet et à la lumière pour avoir  tel type de flare. C’est qu’après quelques années à produire une photo plus ou moins par jour, une habitude s’installe sournoisement. C’est un peu pour ça qu’aujourd’hui, je tente de ralentir la cadence pour créer au lieu de simplement produire. Ça aussi j’en reparlerai un futur mardi !

Si j’analyse les photos que je vous montre aujourd’hui, je peux tout de même déduire un truc ou 2 et vous faire mon meilleur guess :

  1. Le sujet doit être entre votre caméra et la source de lumière.
  2. Il faut tracer une ligne imaginaire entre la source de lumière et le sujet. L’ombre du sujet donne un bon indice pour nous aider à trouver l’angle. On prolonge cette ligne vers soi. Là où ça nous touche indique à peu près la hauteur où l’on doit placer sa caméra.
  3. Plus on se déplace vers la droite ou la gauche ou le bas ou le haut jusqu’à max plus ou moins 30-45 degrées, plus je pense que le flare devient moins smooth et flou. Plus il y aura des lignes de rayons et des boules.
  4. Ne prenez pas cette hypothèse comme du cash !! Je fais un méga guess !! La scientifique en moi désapprouve vivement le dévoilement de ma théorie tant et aussi longtemps que je ne l’aurai pas re-testée de façon plus rigoureuse… mais on jase-là ! ;)

Après recul, la leçon que j’en tire aujourd’hui est plutôt… comme une astuce. Il arrive des fois qu’on ne sait pas trop comment photographier son sujet. Le truc serait de ne pas le photographier. What ? Vous avez bien compris :

Arrêtez de focuser sur votre sujet et cherchez à photographier la lumière qui rebondit dessus.

C’est à ce moment que la créativité va exploser. Vous allez soudainement voir des ombres, des silhouettes, du flare, du macro, alouette ! Et c’est ainsi que vous trouverez comment capturer votre "faux" sujet !

Comments

  1. Ulrich von Bek says:

    Joli sujet et jolies photos.
    Par contre c’est un gratte-dos, ça ? Ça tiens de l’outil de jardinage ! :-D

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  2. www.macuisineetvous.com says:

    superbes photos
    Benoit

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  3. Ces photos sont vraiment très bonnes. Pour en savoir plus sur les lois physiques régissant les interactions entre une source lumineuse, un objet et l’objectif d’un appareil photo, tape "famille d’angles, photographie" dans google. C’est une notion très utile. Je te recommande un excellent livre, qui en parle notamment. ( Dont je te donne la référence en lien ci-dessous de mon commentaire) Il faut ajouter à cela que la matière de la surface photographiée fait varier la façon dont se comportera la lumière, et donc apporte des exceptions à la règle. Ce livre est passionnant et facile à comprendre ( la preuve c’est que je l’ai compris ) ;-) En tous cas, bravo pour ce très bon article. Il me rappelle que je manque plein de photos en ne tournant pas assez autour de mes sujets.
    http://www.amazon.fr/Manuel-déclairage-photo-Fil-Hunter/dp/2212673124

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  4. Très intéressant votre post, merci ;)

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pow !

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