Les Lunatics et moi

C’était un gros week end la semaine passée pour mes muses, ils faisaient leur 4e show. J’ai toujours été entouré d’Artistes dans ma vie mais jamais de musiciens. Il y avait bien les Gwenwed à l’époque qui aura marqué mon début de vingtaine et mon arrivée dans la grosse ville, (Je viens de la région) mais nous n’étions pas assez proches pour vivre intimement  avec eux l’expérience de band. J’étais la blonde d’un ami d’un ami, genre. Il y avait bien ma Julie qui chantait à l’époque mais elle n’a jamais fait partie d’un band en tant que tel.

Non, c’est la première fois que je suis témoin des hauts et des bas de tout le process. Que ce soit dans la création, mon chum étant un des principaux compositeurs, des pratiques au local où j’y suis dans l’ombre à écouter le spectacle, privilégiée, presque à toutes les semaines ou dans leur show où j’arrive et repars avec eux comme un imposteur qui fait parti du groupe mais qui ne joue pas d’instrument. J’ai ce passe droit qui n’a absolument aucune valeur mais que tout le monde accepte sans poser de question : je suis la "blonde de" et… je les prends en photos. Je vis tout ça à travers eux en bénéficiant de l’expérience comme si j’avais le luxe d’une 2e vie.

"BrainStorming" ©2010 MAO – Sophie Ouch

"The Beginning" ©2010 MAO – Sophie Ouch

"The Chipper et Jo5" ©2010 MAO – Sophie Ouch

"Warm Up" ©2010 MAO – Sophie Ouch

Or, je la vis différemment, d’un point de vue humain. Je suis vraiment inculte côté musique. J’ai eu mon premier cd vers l’âge de 19 ans. Je n’ai jamais eu de baladeur, il n’y avait pas de musique dans la maison de mon enfance. En fait, je n’y étais jamais. La Musique avec laquelle j’ai grandi, je l’entendais dans les cafés et les bars où je passais toute mon adolescence alors voilà pourquoi je crois que jamais je n’ai eu l’idée ou le besoin de m’en acheter. Ce n’est que lorsque j’ai eu mon premier appartement que j’ai constaté la chose puisque je passais du temps dans un "che-nous" pour la première fois. C’est là que mon nom a été ajouté sur la liste des disquaires en tant que cliente qui vide les tablettes à chaque semaine.

"Radio MAO" ©2008 MAO – Sophie Ouch

Donc, vous comprendrez que je ne vis pas l’aventure des Lunatics comme un vrai musicien. Ce que je vois c’est plutôt des amis qui trippent ensemble, qui ont des frustrations, qui essaient de plaire l’un à l’autre, qui font des compromis, qui créent en équipe une musique, une histoire et un spectacle. Chacun représente pour l’autre la personne la plus importante dans leur vie. Je n’ai jamais vu des gens s’entraider et s’aimer à ce point.

Mes muses ne font pas que faire gueling gueling devant un micro ! Bien avant que le projet naisse, ils se déguisaient et se donnaient en spectacle dans un salon ou devant une caméra : ce sont des entertainers. Ils ont un sens du spectacle au sens théâtral et c’est je crois ce qui les démarquera du lot dans le futur. Faire de la bonne musique à la base, c’est primordial et c’est l’essentiel mais si ça pogne et que ça devient mémorable, à travers tous les millions de bands qui jouent à Montréal, ce sera par leur personnalité, leur originalité, leur humour, leur flavor. Je suis prête à parier mon trépied (qui vaut hyper cher ok) que toutes les personnes qui ont eu la chance de voir leur dernier show, par exemple, vont se souvenir d’eux pendant longtemps. Vous vous dites que je suis un fan fini, c’est ça ? Non, non : si tu vas voir un show avec un policier comme lead guitare et vocals, un prêtre avec un oeil rouge et un oeil blanc au clavier et vocals, une geisha morte aux vocals, un superhéro à la bass et un docteur aux drums, crois-moi, tu vas te souvenir de ta soirée ! C’est difficile de se démarquer et obtenir l’attention de quelqu’un excepté pour eux. Quand la musique est partie, il y a eu des yeux écarquillés et des "Oh Yeah !" sur tous les visages. Dans leur tête, ils se sont tous exclamés :"O.K., ils n’ont pas juste l’air. C’est pas juste des fuckés ! Ils font de la vrai bonne Muse !"

"L’Histoire de Pâques" ©2010 MAO – Sophie Ouch

"Adieu 1103" ©2010 MAO – Sophie Ouch

"Deadly Brochette" ©2010 MAO – Sophie Ouch

Moi, la photographe, la marginale du groupe, j’ai senti mon rapport, je me suis sentie faire partie du band ce soir-là. Je n’étais pas que la "blonde de". Non, j’ai réalisé dans le fond ce que notre tête des fois nous camoufle avec son brouillard de non-lucidité, cette peur de l’engagement social. "Crash and Collide", leur dernière toune, c’est pas mal moi. Je sais bien que ce n’est pas un bon choix mais avec le temps, on s’épuise, on cherche à s’adapter à notre réalité et on n’a plus la force de combattre. Il y a des moments par contre où tu te réessaies inconsciemment parce que ton côté humain et son instinct de survie prends le dessus.

"Exist" ©2011 MAO – Sophie Ouch

On a beau courir, on ne peut s’échapper de soi-même. La Sophie que je croyais avoir enterrée pour m’enfermer dans mon ermitage a toujours été là. Je suis cette oreille qui accueille facilement n’importe quelle confidence de la plus absurde au plus secret. Peu importe ce qui se passe, on sait que Sophie écoute. De plus, n’ayant pas à performer, je ne suis pas stressée et je suis d’un naturel wedge, nonchalant, zen ce qui apaise les gens. C’est d’ailleurs à cause de cette caractéristique que j’ai songé jadis adopter le calepin et le crayon du Psychologue professionnellement.

J’ai donc fait ma part comme un fantôme à faire fonctionner une enregistreuse au mécanisme mystérieux en y changeant les batteries, en étant seulement présente et à l’écoute pour absorber le stress des autres quelques fois agressifs malgré eux comme une éponge, en essayant de résoudre une équation mathématique d’électricité, en faisant la petite main pour dégager la scène de sacs de gear, tenter de faire ma comique (ce qui n’est pas ma spécialité) pour alléger l’ambiance trop sérieuse, d’office de tourisme pour signaler les postes de nourriture à proximité ou l’adresse du show, la spécialiste des médias sociaux qui conseille au niveau marketing, la zamboni qui ramasse les restes des nombreux distraits, de la "fille straight et twitt" qui confirme que tu es normal et que c’est correct de tenter de réduire quelques excès à la nicotine ou autre dans ce monde de party. Et, of course, j’ai pris les photos du show qui va aider à bâtir leur brand sur facebook! Je suis la banale qui fait des choses banales et pas grand chose dans le fond mais qui fait partie de l’engrenage pour faire tourner la machine.

"3.5 : Let’s Plug the PlayHouse" ©2011 MAO – Sophie Ouch

Être invisible et ne pas exister a toujours été ma vulnérabilité et je me rends compte que ça peut également être ma force pour faire exister les autres. À quoi ça sert d’avoir de quoi à dire si personne ne t’écoute ? Le Conteux à besoin d’un écouteux pour exister et vice-versa. On cherche constamment à atteindre la perfection et on oublie qu’elle se défini relativement aux conditions données et est très subjective. La perfection change donc tout le temps dépendamment du contexte et de qui la défini. Pratiquer son "Oeil" de photographe ergo "Apprendre à Voir" peut s’appliquer en psychologie. Tout n’est qu’une question de perception ! On ne peut se changer ou changer les autres mais on peut changer comment on se voit  soi-même et les autres. Tout ce qu’il faut c’est trouver le bon angle…

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Commentaires

  1. J’en rougis..

pow !

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